L’écosystème de la formation, par la Promo 5 de l’EMMF

    Si elle doit favoriser cet écosystème, la formation ne procède pour autant pas d’elle-même. Au service de la sécurisation des parcours des salariés et de la compétitivité des entreprises, elle s’insére dans un système économique, social et politique et dans ses différents territoires, du bassin d’emploi à l’Europe, en passant évidemment par le niveau structurant des régions. Et pour construire ce système, les acteurs de la formation professionnelle doivent tisser des partenariats à la fois entre eux et avec les autres acteurs, dans leur diversité.

    L’atelier sur la place de la formation dans la maîtrise des risques a singulièrement souligné le rôle de la médecine du travail et du CHSCT, non seulement autour du lien formation – santé au travail, mais sur des enjeux tels que la lutte contre l’illettrisme.

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    Découvrir le 1ère axe : De nouvelles expériences formatives

    Découvrir le 2ème axe : Le cadre collectif au service de l’individu

    Le premier levier de cette logique de partenariats, c’est donc déjà de décloisonner la formation au sein même de l’entreprise, dans le cadre d’une stratégie RH de management général des compétences, comme l’a indiqué la table ronde Manager les compétences pour une performance sociale et économique. Mais cette stratégie suppose un changement de modèle de management qui, de participatif, doit devenir plus collaboratif.

    Le rôle clé des territoires

    Notamment pour les emplois que Bernard Masingue a définis comme « ordinaires », par opposition aux emplois stratégiques et cœur de métier, la sécurisation des parcours nécessite aussi que des réponses soient initiées au niveau des territoires.

    Le Conseil en évolution professionnelle est un élément de cette réponse, et l’atelier sur les Régions au cœur des réformes a salué le travail réalisé par le Service public régional de l’orientation pour développer des méthodologies d’intervention communes aux 5 opérateurs du CEP.

    Mais les territoires sont aussi le lieu de réponses offensives et anticipatrices autour de l’articulation emploi/formation/développement économique. De tels retours d’expériences ont été nombreux dans les différents ateliers, qu’ils viennent de l’Education nationale pour les Campus des métiers de l’Académie de Rouen, des partenaires économiques et sociaux pour le Conseil de développement du Pays Basque (voir ici la Démarche d’observation et de GPECT en Pays Basque), ou des collectivités elles-mêmes, comme l’a rappelé la vice-présidente de notre région hôte.

    Le fil rouge de ces expérimentations, diverses, foisonnantes, dont certaines sont anciennes, est de sortir du cadre de la formation, de dépasser les frontières et de créer des communautés, institutionnelles ou de projets, où se mêlent formateurs, experts, labos de recherches, acteurs du développement économique et autres forces vives du territoire. Les travaux des observatoires des branches y sont également largement mobilisés.

    Des logiques de réseaux et de partenariats

    Des logiques similaires de réseaux sont d’ailleurs aussi à l’œuvre dans les filières et les branches comme l’éolien ou la plasturgie, notamment lorsque l’enjeu est de former aux métiers de demain, transition numérique et transition énergétique obligent, dont, par construction, les référentiels ne sont pas stabilisés : la perspective  est alors de « cultiver l’innovation ».

    « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible », nous a rappelé Emmanuel Langlois, citant Saint-Exupéry.

    Ces sont également les organismes de formation qui, notamment dans des bassins d’emploi plutôt ruraux, construisent des partenariats pour devenir des assembleurs de solutions RH, qui ne relèvent pas toutes de la formation.

    Mais alors il faut un langage commun, qui pourrait naître de la rénovation des référentiels autours de blocs de compétences. Traduisant en effet les référentiels d’enseignements en référentiels de compétences, ils sont, selon l’expression de Franck Giulani, de l’Université du Littoral Côte d’Opale, le nouvel « espéranto » qui fait bouger tout le système.

    Une dynamique de croisement entre logiques professionnelles et académiques que l’on retrouve pleinement dans les Campus des Métiers, considérés comme « un modèle d’articulation entre actions et acteurs ».

    Et l’argent dans tout ça ? S’il y a bien innovation, c’est qu’on a finalement très peu parlé « tuyauteries » dans cette 14ème université d’hiver ! Et quand cela a été le cas, c’est aussi sous l’angle des partenariats, les OPCA permettant d’allier articulation des actions et complémentarité des financements.

    Le rôle de la gouvernance

    Enfin, ces dynamiques, ces innovations, ces expérimentations doivent être soutenues et capitalisées : c’est le rôle de la gouvernance pour laquelle la réforme a institué le quadripartisme. On voit bien que sa logique est conforme à la nécessité de coordonner l’ensemble des parties prenantes dans le pilotage du système et les arbitrages à réaliser.

    Les intervenants ont de ce point de vue distingué

    une gouvernance de projets,  plus informelle, plus ciblée mais qui nécessite un pilote identifié,
    et une gouvernance institutionnelle, où la question du chef de file est parfois posée et qui nécessite du temps pour  que l’ensemble des acteurs s’organisent, notamment au niveau des territoires.

    La DGEFP a rappelé en atelier qu’avec la réforme, nous étions passés d’un contrôle légal à la confiance multipartite, chacun dans ses responsabilités mais aucun ne pouvant rester dans son pré-carré. Un système qui fait le pari de la confiance, n’est-ce pas un signe tangible d’innovation ?

    Dans ce système, le rôle des professionnels de la formation change de nature. Nous nous y formons grâce à cet executive Master piloté par Anne de Blignières et Mathilde Bourdat. Mais à Biarritz, nous avons beaucoup appris de vous ! Alors, merci à Centre Inffo pour ce partenariat et merci à vous tous, pour ces 3 jours !

     

    Les 2 autres axes dégagés par la 5ème Promo du Master Management de la Formation professionnelle :

    1- L’expérience formative
    2- Le cadre collectif au service de l’individu
    3- L’écosystème de la formation

     

    Pour en savoir plus sur le Master :img-140108m89v6q

    Découvrez l’Executive Master Management de la Formation de l’Université Paris-Dauphine (en partenariat avec Cegos)

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