Signaux et initiatives autour du numérique pour l’enseignement et la formation professionnelle

Par le 2 décembre 2013

Le nombre croissant d’articles, blogs, évènements autour des MOOC donne la mesure de l’agitation actuelle autour des questions de l’accessibilité des contenus et de l’auto formation. Plus globalement, la place accordée au numérique dans notre vie quotidienne bouleverse les mondes de l’enseignement et de la formation professionnelle. Tous deux doivent en effet faire face aujourd’hui à deux principaux enjeux : renouveler les pratiques pédagogiques et favoriser la réussite des publics auxquels ils s’adressent.

Je vous propose au travers de cet article de passer en revue quelques-uns des signaux et initiatives autour du numérique pour ces deux champs d’étude.

Enseignement : Une France en retard et des initiatives de la maternelle à l’Université

La France est clairement en retard en ce qui concerne le numérique comme l’a montré une Etude Pisa de l’OCDE la positionnant en 24ème position sur 27 en ce qui concerne l’accès à l’outil numérique et sa maîtrise dans un contexte pédagogique.

Une bonne quinzaine de plans numériques depuis les années 1970 dont le plan « informatique pour tous » de 1985 ont eu tendance à privilégier l’installation d’équipements informatiques. Les enjeux sont à présent pour le gouvernement de réduire les inégalités et de parler usages et contenus.

L’accent est aujourd’hui mis sur le numérique à l’Ecole comme en témoigne la loi du 8 juillet 2013 pour la refondation de l’Ecole de la République qui instaure un service public du numérique éducatif. De nouveaux services numériques à destination des enseignants et des élèves sont d’ores et déjà disponibles.

Parmi ceux-ci, deux services destinés aux enseignants sont intéressants à observer. Tout d’abord, une plateforme de formation en ligne tutorée et interactive « M@gistère » à destination des 370 000 professeurs des écoles. EduThèque ensuite, un service à destination des enseignants du 1er et 2ème degré leur permettant d’accéder gratuitement à des ressources numériques libres de droits des grands établissements publics scientifiques et culturels.

Un autre service destiné cette fois aux parents : espaces numériques de travail (ENT), vise quant à lui à faciliter les échanges sur la vie de l’établissement et à renforcer l’implication des familles dans la scolarité des élèves.

Si l’engouement des professeurs pour l’introduction du numérique à l’Ecole est inégal, il est fort à parier que les élèves seront les premiers prescripteurs de nouvelles approches pédagogiques comme le montre une étude Ipsos en 2011 précisant que « 86% des collégiens estiment que le numérique accroît leur motivation et 83% que cela facilite la compréhension des cours »

Pour l’enseignement supérieur, les 35 000 inscrits sur la plateforme « FUN » pour « France Université Numérique » constituent un autre signal intéressant de la dynamique engagée. Cette version française des MOOC permet de suivre des cours à distance gratuitement dispensés par des grandes écoles (Mines Telécom, Ecole Polytechnique, HEC, CNAM, Science Po et Universités de Nanterre ou Panthéon-Assas…) (1).

Formation professionnelle : Premières expérimentation sur fond de réforme

Les grandes entreprises intègrent de plus en plus le numérique dans leur réflexion pédagogique poussée dans cette voie par l’usage massif par leurs collaborateurs des nouvelles technologies et l’intérêt économique de couverture notamment à l’international d’un plus grand nombre d’apprenants.

Les demandes actuelles des entreprises sur une version adaptée des MOOC tentent de concilier la potentialité d’ouverture et de flexibilité avec des exigences d’efficacité opérationnelles et pédagogiques.

Repenser distribution des savoirs et accompagnement pédagogique constitue ainsi un des paris à relever par les MOOC appliqués aux entreprises. (2)

Un dispositif articulant temps d’appropriation de contenu ou savoirs incontournables et temps de mise en pratique et de réalisation de projets d’application peut ainsi répond à cette double exigence.

Le temps d’appropriation reprenant le principe général d’un MOOC (3 à 4H de travail par semaine, 6 à 8 semaines de parcours, ressources vidéos et documentaires, espaces collaboratifs quiz et certification à l’issue) peut incarner une pédagogie inversée visant à développer autonomie et responsabilisation des apprenants.

Les temps de mise en pratique et de réalisation de projets d’application dispensés selon des modalités présentielles ou visio sont également possibles combinant ainsi à distance et proximité avec le formateur.

Un nouveau terme SPOC (small private online classes) issu une nouvelle fois d’expérience universitaire fait ainsi son apparition mettant en avant la plus-value d’une approche « hybride » et de cours diffusés dans un périmètre plus resserré. Le principe est ici d’associer délivrance de cours par vidéos et disponibilité des enseignants pour « répondre aux questions des étudiants, à évaluer ce qu’ils ont assimilé ou non, puis à travailler avec eux sur différents projets ». (3)

Une autre tendance soulignée lors du prix de l’entreprise collaborative est « bring your own device » ou l’utilisation par les collaborateurs de leur propre équipement pour échanger et partager sur les outils collaboratifs (4).

Ces nouveaux modèles et outils pédagogiques pourraient bien s’inscrire dans un des objectifs actuels de la réforme de la formation professionnelle valorisant la dimension individuelle des parcours avec le compte personnel de formation (5).

La traduction à venir de l’arrivée du numérique

Les 2 domaines de la formation initiale et continue avancent ainsi en parallèle avec des initiatives et expérimentations qui mériteraient de s’inspirer davantage l’une de l’autre.

D’autant que tous deux ont à traduire selon les 4 dimensions économique, politique, pédagogique et technique les évolutions majeures issues du numérique.

Une traduction à découvrir pour les entreprises dans les plans et projet de formation 2014…

(1) http://www.linformaticien.com/actualites/id/31112 et www.france-universite-numerique-mooc.fr

(2) http://www.formation-professionnelle.fr/2013/11/04/les-moocs-faits-lentreprise/ ethttp://www.formation-professionnelle.fr/2013/05/13/lapprenant-reve-des-moocs/

(3) http://www.slate.fr/story/78916/mooc-cours-internet-spoc

(4) http://www.cegos.fr/actualites/prix-entreprise-collaborative/Pages/accueil.aspx

(5) http://www.formation-professionnelle.fr/2013/10/07/reforme-formation-professionnelle-quelques-espoirs/

 

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Nermond Il y a 6 années

Les plans numérique ne peuvent pas fonctionner, il y a trop d’intermédaire entre les enseignants et les fournisseurs de solutions. Actuellement des Départements achètent des tablettes sans se soucier des contenus, on équipe des salles de cours avec des TBI, mais les enseignants doivent acheter leur portable par ses propres moyens. Il faut supprimer des intermédiaire

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