Pour une année d’échanges de savoirs

Par le 9 janvier 2012

Nombreux sont les lecteurs de ce blog qui rêvent d’un monde plus coopératif, dans lequel les savoirs se partagent et s’échangent, l’intelligence collective se développe au fil des projets communs et des réseaux. Et nombreux sont ceux qui œuvrent pour cela, là où ils sont.

A tous ceux là, et à tous ceux que ces idées tentent, je propose de commencer l’année de belle manière en lisant  l’ouvrage de Maryannick et Michel Van Den Abeele « Echanges réciproques de savoirs en entreprise » (Chronique Sociale).

En voici un résumé libre et en image, support de tous les voeux que les auteurs du blog de la formation professionnelle vous adressent pour 2012 :

Pour une année d'échanges de savoirs

J’ai déjà eu l’occasion de parler du Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs (RERS) mis en place à la Direction du Courrier de La Poste -grâce à l’engagement tenace de Maryannick Van Den Abeele, ainsi qu’au soutien de la Direction et aux bonnes volontés rencontrées au chemin. La convention organisée par La Poste le 25 novembre dernier a été riche en échanges et profondément chaleureuse. Elle a donné l’occasion aux participants, issus d’entreprises, mais aussi du monde associatif ou de l’éducation, de vivre les premiers pas d’une démarche d’échanges de savoirs.

Rappelons en les principes, tels qu’il apparaissent dans la charte du RERS, que l’on peut télécharger à partir du site du RERS  de La Poste http://www.rers-courrier.fr/:

  • La réciprocité : « les participants s’engagent d’une part à offrir un savoir et d’autre part à recevoir un savoir de quelqu’un d’autre »- ainsi, nul n’est en posture de supériorité, chacun doit accepter de dire ce qu’il ne sait pas et dont il aurait besoin (pour avoir fait l’exercice, ce n’est pas si simple…)
  • Le volontariat : « seules les personnes volontaires participent au réseau. Elles seules décident du choix de leurs offres, demandes, échanges ». Ainsi, le réseau contribue à l’autonomie des personnes, rejoignant l’un des principes fondamentaux de l’engagement des adultes dans l’apprentissage : l’auto-directivité (Nuttin).
  • La confidentialité et le respect de l’autre : « les participants s’engagent à ne diffuser aucune information relative aux personnes rencontrées dans le cadre du RERS. Dans le même esprit, le principe du respect de l’autre (de ses attentes, de ses savoirs, de sa personne…) est fondamental.
  • L’égalité : « il n’y a pas de hiérarchie au sein du RERS et tous les savoirs sont de même valeur »

Dans l’ouvrage de M et M  Van Den Abeele, on trouvera nombre d’éléments tangibles du succès de l’opération à La Poste Courrier : plus de 1000 inscrits, environ 2000 échanges réalisés début 2011…

Le RERS s’inscrit dans le nouveau rapport au savoir, mais aussi dans l’évolution vitale des entreprises (de la Société dans son ensemble) vers le décloisonnement, l’apprentissage permanent, la coopération, l’innovation.
Il répond aux aspirations des individus d’apprendre autrement; de choisir à la fois l’objet et les modalités de leurs apprentissages : quand le demandeur et l’offreur conviennent de l’échange, ils décident également ensemble des modalités du partage de savoir ou savoir faire. Il est complémentaire d’autres dispositifs, comme le tutorat ou la formation.

Ce qui est premier dans le RERS, ce n’est pas l’outil. Ce sont les rencontres. C’est à partir du moment où une première réunion de présentation du RERS, et d’échanges, a eu lieu, que les échanges peuvent se conclurent « à distance ». L’oralité, le mode présentiel, est de loin privilégié pour la réalisation des échanges eux mêmes. Et la condition de réussite majeure, c’est la confiance. « Il y a un problème en France », a dit Hervé SERIEYX dans son intervention lors de la convention, « c’est le manque de confiance ». Le RERS fabrique du bien commun ». Il s’agit, dit-il, de « passer du participatif au collaboratif » – avec le savoir comme bien commun.

Et ce qu’il y a de vraiment bien avec le RERS, c’est qu’il donne à chacun la possibilité de faire reconnaître et partager ce qu’il sait – le savoir n’est plus un attribut du pouvoir. Claire Héber-Suffrin, fondatrice des RERS, lors de son intervention, nous interrogeait sur « ce que cela fait à l’autre de ne jamais être attendu pour ce qu’il peut donner » : « on se sent d’une histoire, d’une entreprise, quand on peut y apporter quelque chose ».

En ce début d’année, les auteurs du blog de la formation professionnelle vous souhaitent de belles rencontres, de multiples échanges, et le bonheur d’apprendre et de permettre d’apprendre.

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 9 années

Merci Gaëlle, et une belle année à toi!

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Gaëlle MENIN Il y a 9 années

Merci Mathilde, c’est enthousiasmant !

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 9 années

Merci de votre commentaire, André-Yves.
Nous sommes bien d’accord: l’avenir est dans la co-opération – l’oeuvre commune- qu’il s’agisse
de management ou d’apprentissages…Un vrai bouleversement, une remise en cause du regard porté sur l’autre et du rapport au pouvoir… Ce sera un long chemin…

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André-Yves Portnoff Il y a 9 années

Vous avez raison de signaler l’intérêt du RERS. c’est une belle initiative qui montre en outre que les techniques numériques sont utiles pour aider communication et collaboration mais sont moins déterminantes que la culture d’entreprise et la volonté de communiquer et collaborer. Il en va de la viabilité de nos organisations donc de l’avenir de l’emploi. Hervé Sérieyx et moi sommes atterrés par la myopie des dirigeants économiques et politiques qui redécouvrent l’industrie, mais restent dans le macro-économique au lieu de s’attaquer courageusement à une réforme innovante du style de management resté et parfois redevenu hyper taylorien dans les grandes entreprises et les administrations!

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André-Yves Portnoff Il y a 9 années

Vous avez raison de signaler l’intérêt du RERS. c’est une belle initiative qui montre en outre que les techniques numériques sont utiles pour aider communication et collaboration mais sont moins déterminantes que la culture d’entreprise et la volonté de communiquer et collaborer. Il en va de la viabilité de nos organisations donc de l’avenir de l’emploi. Hervé Sérieyx et moi sommes atterrés par la myopie des dirigeants économiques et politiques qui redécouvrent l’industrie, mais restent dans le macro-économique au lieu de s’attaquer courageusement à une réforme innovante du style de management resté et parfois redevenu hyper taylorien dans les grandes entreprises et les administrations!

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