Un réseau d’échanges de savoirs dans l’entreprise

Par le 26 février 2009

Lors d’un récente d’une récente journée co-organisée par le GARF et par SOL,  j’ai eu le plaisir de rencontrer Maryannick Van Den Abeele, Chef de projet « Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs » à la Direction du Courrier de la Poste.

Qu’est ce qu’un Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs ?

L’idée est née dans le monde éducatif. Il s’agit, pour les membres du réseau, de s’échanger des savoirs : connaissances, savoir faire… Les échanges sont fondés sur les principes posés par la Charte d’Echanges Réciproques de Savoirs :

  • Gratuité
  • Réciprocité ouverte : je peux apprendre la recette du Tiramisu de M. Martin, et offrir à Mme Abel mon savoir faire en matière de rédaction de CV. La personne à qui je communique un savoir n’est pas forcément celle dont je reçois.
  • Absence de hiérarchisation des savoirs. La recette (et le coup de main !)du Tiramisu est un savoir qui peut « s’échanger » contre un cours d’informatique ou d’anglais, le commentaire du dîner de Platon contre des explications en mécanique automobile…

Lorsqu’elle a monté le premier réseau d’échanges réciproques de savoirs dans les années 70, Mme Claire Héber Suffrin, enseignante, voulait surtout valoriser les savoirs de ses élèves en difficultés, qui n’étaient pas reconnus par l’institution scolaire car non « académiques ».

Peut on utiliser les Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs en formation ?

J’ai moi – même utilisé le Reseau d’Echanges Réciproques de Savoirs pour fédérer un groupe très hétérogène en début de cycle long de formation. Il s’agissait d’une formation certifiante de formateurs en centres de formation d’apprentis, et dans le groupe les formateurs de mécanique ou de boulangerie côtoyaient ceux de physique, de français ou de pharmacie… Le réseau d’échanges de savoirs a permis à chacun de valoriser sa contribution au groupe et d’engendrer une véritable dynamique de succès collectif.
L’offre « correction orthographique et syntaxique des travaux » s’échangeait ainsi contre l’offre « conduire un entretien avec un tuteur dans l’entreprise »…

Comment fonctionne le Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs de La Poste ?

Ainsi que nous l’a expliqué Maryannick Van Den Abeele lors de la rencontre SOL – GARF, la démarche est très structurée. Pour s’inscrire dans le réseau, il suffit, après avoir accepté la charte, de présenter simultanément une demande et un offre (de savoir). Les échanges portent sur des connaissances , des savoir faire et des expériences, mobilisés en situation professionnelle.

En tant que régulateur du réseau, Mme Van Den Abeele veille au respect des principes du RERS et vérifie que l’intitulé des offres et demandes n’est pas en contradiction avec la stratégie de l’entreprise (seulement 2 cas relevés en plus deux ans).

Progressivement, le réseau s’est ouvert aux managers, aux cadres, aux formateurs. L’anonymat est respecté pour ceux qui le souhaitent, ce qui permet à un manager d’oser, par exemple, formuler une demande de méthode sur la conduite d’entretien difficile…

Créé fin 2006, le RERS de la Direction du Courrier rassemble 450 participants, qui ont formulés 1800 offres et demandes, et réalisé 350 échanges.

Un moyen de plus pour développer les apprentissages informels

On sait l’importance des apprentissages informels, première source des apprentissages au travail.
Le RERS, de l’avis même des participants au réseau de La Poste, permet à ses membres d’atteindre leurs objectifs (à 95%) et de mettre rapidement en œuvre les acquis.

Les bénéfices reconnus sont les suivants :

  • Un ratio connaissances acquises/temps consacré optimal et donc un très bon retour sur investissement…
  •  Une meilleure confiance dans l’autre (égalité, esprit d’équipe, respect mutuel..) et en soi même (auto – analyse, formalisation de ses propres savoirs, confiance dans sa propre maîtrise professionnelle)
  •  Une responsabilisation des salariés de l’entreprise sur leur propre développement de compétences.

Une excellente idée, donc, qui, en plus d’un site informatique où sont, entre autres, recensés les offres et demandes, nécessite beaucoup d’énergie et de rigueur dans l’impulsion et l’animation.

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 7 années

@Corinne Vous pouvez contacter Maryannick à l’adresse suivante: maryannick.vandenabeele@laposte.fr
Cordialement
Mathilde

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Gauthier Corinne Il y a 7 années

J’aimerais avoir les coordonnées d’un RES car j’aimerais y adhérer.
Les coordonnées données par Malthilde Bourdat ne sont plus bonnes.
Merci par avance de la réponse qui me sera donnée.

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Lahouaria Il y a 8 années

Bonjour,
Je suis intéressée par cette démarche mais j’aimerai échanger avec les entreprises qui ont mis cela en place et éventuellement avec Mme Van Den Abbeele. Pensez-vous que cela soit possible ? Merci par avance.

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Mathilde

Mathilde Il y a 10 années

Bonjour,
voir aussi l’article récemment paru dans « Entreprise et carrière » sur cette expérience.

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Frédérique Il y a 10 années

Bonjour
oui, cela m’intéresse d’entrer en contact avec Mme Van Den Abbeele pour échanger sur les bonne pratiques de mise en place. merci !

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 11 années

Pour ceux qui sont intéressés par les échanges de savoir, un contact:
MRERS, tél 01 60 79 10 11.
Mme Van Den Abbeele accepte d’être mise en relation avec les personnes qui seraient intéressées par cette démarche dans le contexte de leur entreprise. Pour cela, il suffit de m’adresser un mail.

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AT Il y a 11 années

Le Réseau d’Echanges Réciproques de Savoirs est la forme « intellectuelle » des Systèmes d’Echange Locaux (les SEL). Rien de bien neuf.
Pour ces échanges, qu’il soient intellectuels ou matériels (coup de main), il faut aussi administrer. Dans le cas de LA POSTE, on y ajoute un couche entreprise, mais es-tu certain que des échanges anodins et à priori hors entreprise ne seraient donner un coup de pouce à l’entreprise ? Je pense aux expériences associatives extérieures, ou aux élus membres de l’entreprise…
Ce qui est certain, en revanche, c’est que ces échanges, internes ou externes à une entreprise sont toujours d’une grande richesse, alors pourquoi en e-Learning. Mais attention à veiller aux contreparties pour « éliminer » les profiteurs.

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