Le e-portfolio pour apprendre, capitaliser, échanger

    Par le 19 septembre 2010

    Le e-portfolio est encore peu répandu en France, même si de plus en plus d’universités l’adopte. Or cet outil me semble répondre aux besoins générés par les nouvelles façons de penser la formation et le partage des connaissances.

    Le wiki Edu Tech nous donne la définition du e-portfolio : « collection d’informations qui illustre (…) l’apprentissage ou la vie professionnelle d’une personne à travers une sélection de résultats marquants au cours de formations ou d’études mais aussi qui regroupe les réflexions personnelles de l’apprenant sur son apprentissage, son parcours, la planification d’une carrière ou la construction d’un CV (…).

    Plusieurs types de e-portfolio

    Les auteurs distinguent plusieurs types de e-portfolio, suivant leur finalité.

    Ainsi, Robert Bibeau, distingue t-il :

    • Le portfolio d’apprentissage : au fil d’un parcours de formation, l’apprenant y capitalise ses travaux, ses évaluations, ses réflexions. Le formateur interagit avec l’apprenant, puisque ses commentaires et évaluations s’intègrent au portfolio d’apprentissage.
    • Le portfolio de présentation, équivalent du « book » que les étudiants préparent en vue de l’admission à une école d’art. Il rassemble les meilleurs travaux, sélectionnés par l’apprenant, ainsi, par exemple, que son plan d’actions, ses objectifs…
    • Le portfolio d’évaluation, ou dossier de preuves, est constitué par l’apprenant en vue de satisfaire aux exigences d’une validation. Il se situe donc en rapport avec un référentiel – de certification par exemple. Projets, rapports, évaluations, y sont rassemblées et organisées en vue de leur examen par un jury.
    • Enfin, le portfolio de développement professionnel ne se rapporte pas à un parcours de formation donné, mais à l’apprentissage tout au long de la vie. Il est proche de l’idéal du « passeport formation » décrit par les lois de 2004 et 2009 en France : il s’agit, pour l’individu, de capitaliser ses connaissances, ses acquis de l’expérience et de la formation, ses certifications.

    Ainsi se dégagent plusieurs types d’usage pour le e-portfolio : apprendre, capitaliser, partager ses connaissances, valider des acquis. Les e-portfolios existant mêlent généralement plusieurs de ces finalités.

    Usages collectifs – usages individuels

    On peut imaginer des usages collectifs du e-portfolio : au sein d’un groupe en formation, les e-portfolios individuels peuvent être accessibles aux autres membres du groupe – pour un travail collaboratif, un tutorat entre pairs, également pour identifier les champs de connaissance ou d’études spécifiques de chacun. Ils sont également accessibles au formateur, qui évalue les travaux, dépose des documents… Dans les solutions de e-portfolios existantes, on distingue donc une partie strictement privative, et une partie ouverte à la lecture des personnes autorisées.

    Le e-porfolio de développement professionnel relève d’avantage d’un usage individuel, il est une façon pour la personne de maîtriser son identité numérique, d’afficher les compétences qu’elle souhaite mettre en valeur, en vue de trouver  un emploi, par exemple.

    Des exemples de réalisations

    Les e-portfolios destinés aux étudiants sont utilisés de longue date dans les pays anglo saxons. Ils se développent en France, par exemple à l’université de Saint Quentin en Yvelines : voir l’intéressante présentation de Marie Leproust, chef de service TICE à l’université.

    Les belles réalisations de e-portfolios individuels montrent également l’intérêt de cet outil, pour se donner une identité numérique, se présenter. Un e-portfolio peut en contenir plusieurs, se référant à des champs de connaissances particuliers (l’anglais, par exemple) : voir le e-portfolio de Marie Leproust, ou ce e-portfolio d’un étudiant Sup de Co, Anthony Poullain, qui mêle projet professionnel, CV, rapports de stages et travaux.

    Des applications pour l’entreprise ?

    Le e-portfolio d’apprentissage me semble tout indiqué pour permettre aux participants d’un parcours de formation de capitaliser leurs acquis, de partager travaux et réflexions avec tuteurs, formateurs et pairs. Organiser son e-portfolio, présenter ses travaux en vue du partage, obtenir des retours du formateur et de ses pairs- autant d’activités qui  sont en elles mêmes formatrices parce qu’elles favorisent la prise de conscience des apprentissages réalisés et des axes de progrès.

    Le e-portfolio d’évaluation peut devenir le support de la préparation d’une certification. Les parcours de formation d’aujourd’hui se conçoivent dans le temps, ils se réalisent dans des lieux et des temps multiples (en salle de formation, au bureau voir au domicile pour les modules d’auto formation et les travaux personnels, sur le terrain avec un tuteur ou entre pairs…). Le e-portfolio permet de rassembler, d’organiser les preuves desconnaissances et  compétences qui s’acquièrent dans ces différents contextes, de faire des liens.

    Le e-portfolio de développement personnel, enfin, peutevenir l’outil de préparation à une VAE.

    On pourrait également faire du e-portfolio le support d’affichage des expertises et savoir faire de chacun des membres d’une communauté professionnelle, afin de  favoriser le partage des connaissances.

    Il y a donc bien un avenir du e-portfolio pour la formation et le développement des compétences dans l’entreprise, même si sa mise en oeuvre requière une claire définition des « règles d’usage » (qui accède à quelle information pour en faire quoi, par exemple). Pour mettre en place un e-portfolio, il est recommandé de s’appuyer sur les bonnes pratiques capitalisées par les écoles et universités.

    Bonnes pratiques et outils

    • L’article de Robert Bibeau, déjà cité, est une mine d’or : état des pratiques,  processus à mettre en place,  liens avec d’autres ressources…
    • Le site Eduportfolio permet aux formateurs et aux apprenants de générer leur e-portfolio.
    • Le site electronicportfolios donne tous les liens utiles pour créer des e-portfolios, les enrichir de différents médias (vidéos, images, son…), les publier…
    • Le site d’Elgg donne accès à la plate forme open source retenue par l’université de Saint Quentin en Yvelines.
    • Le site Europass permet à chacun d’établir son e-portfolio dans le modèle défini pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne.

    Pour les anglophones, cette vidéo  fournit une présentation amusante et complète de l’intérêt du e-portfolio dans un parcours d’apprentissage.

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