Jouer en formation : est-ce vraiment sérieux ?

    Par le 3 mai 2010

    La pédagogie ludique n’est pas nouvelle, depuis plus de 20 ans elle a prouvé ses apports. Elle est aujourd’hui présente dans de nombreuses formations d’adultes sous différentes formes (business game, jeu analogique, jeu générique). Le jeu est impliquant, riche en émotions partagées, ce qui en fait un excellent vecteur de mémorisation.

    Il reste néanmoins des réticences car pour certains nous ne sommes pas « en formation pour jouer mais pour apprendre » comme si cela s’opposait.

    Le jeu semble retrouver de la vitalité au travers du serious game qui en associant ces deux mots « serious » et « game » lance une nouvelle promesse, aux responsables formation et dirigeants, qui consiste à moins de légèreté et plus de fonds.

    Jouer en formation : est-ce vraiment sérieux ?

    Les « business simulation » permettent de faire semblant !

    Des sociétés référentes sur le sujet tels les suédois de Celemi, les français du CIPE et les canadiens d’Eagle’s Flight conçoivent et utilisent des jeux de plateaux sur des sujets tels que l’économie d’entreprise, le marketing, l’innovation, la gestion de projet… Le principe est de reproduire la réalité d’une situation, d’avoir des équipes en interaction et de les mettre en situation de prendre des décisions et surtout d’en découvrir les conséquences immédiates. C’est parce que vous n’aurez pas bien calculé vos besoins en fonds de roulement que vous comprendrez la différence entre créances et capacité d’investissement (voir par exemple le jeu Decision Base de Celemi).

    Le jeu permet de faire semblant ! Dans ces « micromondes » l’erreur est autorisée et même programmée (nous sommes dans l’univers des jeux algorithmiques) par les concepteurs pour être formatrice. Un jeu très riche peut durer 1 à 2 jours sans lasser ses participants et ils auront réellement été formés en fin de stage.

    Les jeux analogiques sont de très bons déclencheurs.

    Ces jeux sont des prétextes pour faire passer un message. Le synergomètre sensibilise aux bonnes pratiques de communication en mettant les stagiaires en situation de « sur-communication ». L’Oeuf empaillé fera ressortir tous les concepts clés de la gestion de projet en une séquence de 90 minutes durant laquelle les équipes doivent s’organiser, inventer, décider.

    Les thèmes de la communication, du team-building sont largement pourvus de jeux. La raison est certainement dû au fait qu’un jeu rapide travaille en surface les comportements, il permet de faire vivre une émotion aux participants.

    Par contre, au delà du plaisir immédiat que procure ce type de jeu, il convient de respecter la règle des 20/80 : 20% du temps est réservé au jeu et 80% de la séquence pédagogique est consacrée à l’exploitation de ce qui s’est passé et aux apports complémentaires du formateur.

    Je reviendrai dans un prochain post sur la pédagogie du détour qui exploite les parallèles avec le sport, la cuisine, le cinéma, la musique,…

    Les jeux génériques utiles en pédagogie de la découverte

    Les quiz, les jeux de cartes, les jeux de plateau inspirés du Trivial Poursuit, les détournements de jeu télé permettent d’amener une pédagogie active qui amène le stagiaire à découvrir les contenus de la formation.

    Sur certains sujets et avec certaines populations, cela se révèle plus performant qu’une pédagogie trop descendante. Il faut juste que personne ne perçoive cela comme gratuit !

    De nombreux ouvrages répertorient des centaines de jeux adaptables facilement.

    Le serious game

    L’industrie du jeu vidéo est très dynamique, elle génère plus de chiffres d’affaires que le cinéma au niveau mondial. Les grands acteurs (Sony, Nintendo, Microsoft…) se livrent une bataille de l’innovation. La télévision est délaissée au profit de la console de jeu. Le jeu est dans le salon, dans la poche, sur portable… sur écran, en réalité augmentée, en 3D,…

    Les sociétés de jeux vidéos cherchent à étendre le terrain de jeu en investissant le monde de l’entreprise et le grand public.

    BNP Paribas a invité ses clients à découvrir les mécanismes d’une banque au travers du jeu Starbank The Game. L’Oréal recrute ses nouveaux jeunes talents avec Reveal.

    La CNIL sensibilise à l’image numérique sur les réseaux sociaux dans 2025exmachina, ce jeu est clairement taggé serious game et met à disposition un espace pédagogique.

    En entreprise, il faut distinguer les jeux sur mesure, les jeux à customiser comme celui de Daesign sur la conduite des entretiens individuels et les jeux sur étagère tel le nouveau jeu Mission to sell de Cegos sur l’entrainement aux entretiens commerciaux.

    L’avenir dans les jeux collectifs …

    On s’aperçoit que jouer en formation n’est pas nouveau et s’enrichit chaque jour de nouvelles offres, la technologie n’est pas incontournable mais c’est un fabuleux accélérateur d’immersion pour l’apprenant. Les réseaux sociaux font partie de notre quotidien avec 16 millions de français connectés mais la plupart des jeux en entreprise restent encore très individuels. C’est certainement dans le croisement du jeu et du collectif que nous pourrons créer de nouvelles situations d’apprentissage.