Evaluer les acquis : du quiz au dossier de preuves

Par le 9 décembre 2019

La demande de certification augmente. Demande individuelle, issue de la prise de conscience de la nécessité de développer ses compétences tout au long de la vie, et d’être en mesure de le prouver. Demande des entreprises, et des personnes, qui recherchent un financement de projet de formation, conditionné à l’existence d’une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique.  

Qu’évalue-t’on vraiment avant de délivrer – ou non – la certification ?

évaluer les acquis

Les niveaux d’évaluation des acquis

Un premier niveau assez facile consiste à évaluer les acquis grâce au « savoir que ». Des quiz ou QCM permettent rapidement de valider un niveau de mémorisation, voire de compréhension.

Un deuxième niveau consiste à évaluer le « savoir comment ». Le QCM reste utilisable dans ce cas, mais il est plus complexe à développer. Il nécessite de créer des questions contextualisées : « dans cette situation … vous choisissez l’action A, l’action B, l’action C… ». Le risque est d’entraîner des réponses assez formelles, « conformes à l’attendu du jury ». Cependant, elles ne correspondent pas à ce qui sera vraiment pratiqué sur le terrain.

Un troisième niveau consiste à évaluer le « montrer comment » : une simulation est organisée, et un jury décide du niveau de maîtrise des capacités visées par la certification. Cette solution est intéressante, mais onéreuse et lourde à mettre en place. Elle ne peut en outre porter que sur un nombre limité de situations évaluées.

Un quatrième niveau consiste à évaluer ce que la personne fait en situation réelle. Il s’agit de demander à l’apprenant de rassembler un « dossier de preuves » de la matérialisation concrète de ses apprentissages – ce que nos collègues anglophones appellent les « learning outcomes ». Ce mode d’évaluation présente de multiples avantages.


A lire >> Valider des acquis de formation avec des tests de connaissance


Les avantages de l’évaluation en situation réelle

  • Ce mode d’évaluation sollicite l’engagement de l’apprenant à mettre en œuvre concrètement les acquis de sa formation : se projeter dans la mise en œuvre, lever les obstacles, solliciter son environnement de travail …
  • Il permet de rassembler des preuves sur les activités réalisées au regard d’une compétence visée. De plus, ce mode d’évaluation permet de contextualiser, de décrire des postures, des comportements professionnels mis en œuvre.
  • Surtout, il sollicite la réflexivité de l’apprenant. Comme nous l’indique le lexique du CNRTRL, la réflexivité est « propre à la réflexion, au retour de la pensée, de la conscience sur elle-même ». Aussi, prendre du recul sur sa pratique, mettre des mots dessus, la confronter aux pratiques de référence vues en formation, font partie de l’acte d’apprendre. En ce sens, évaluer au moyen d’un dossier de preuves, c’est prolonger l’acte d’apprentissage, et c’est intégrer les situations de travail qui seront rencontrées par l’apprenant dans l’ensemble de son parcours formatif.

Du point de vue pratique, cette méthode pour évaluer les acquis présente d’autres avantages :

  • Elle peut être administrée en ligne. En effet, les apprenants « postent » leurs preuves sur un espace de la LMS, voire dans un dossier « dans le cloud ».
  • L’évaluation peut se faire entre pairs. C’est la solution retenue par la plupart des MOOC.
  • Si un jury est maintenu, il peut fonctionner à distance et en mode asynchrone, ce qui résout beaucoup de problèmes de coûts et de logistique. Et cela n’empêche pas un travail préalable entre pairs pour argumenter et consolider les preuves.

Comment mettre en œuvre une évaluation sur dossier de preuves ?

1- Rendre lisible son référentiel d’évaluation.

Quelles compétences veut-on évaluer ? Quelles preuves justifieront de la maîtrise de ces compétences ? Quels indicateurs permettront d’établir que les preuves fournies sont bien au niveau attendu ? Voilà qui oblige à clarifier le référentiel d’évaluation, à l’exprimer en termes compréhensibles par les apprenants. En effet, selon moi, nous devons communiquer aux apprenants les critères et indicateurs sur lesquels ils seront évalués. Les preuves demandées doivent aussi être réalistes et tenir compte des contextes multiples auxquels les apprenants peuvent être confrontés.

2- S’appuyer sur ce qui est fait … et sur la réflexion à propos de ce qui est fait.

Comme nous l’avons vu, un dossier de preuves n’est pas qu’une collection de tâches réalisées. Plannings, tableaux d’analyse, grille d’observation renseignée, vidéos ou photos portant les traces des activités … très bien, mais cela ne suffit pas. En effet, une note dans laquelle l’apprenant s’interroge sur ses réussites et difficultés, sur ses points de progrès, fait des liens avec les acquis de la formation, lui permettra de mener à bien la démarche de réflexivité indispensable à l’ancrage de ses apprentissages.

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