AFEST : à quelles situations est-elle le mieux adaptée ?

Par le 8 octobre 2019

Dans un message faisant suite au précédent billet sur le diagnostic d’opportunité, une lectrice pose une excellente question qui nous met au cœur de ce qui fait l’intérêt de l’AFEST. « Pourquoi est-elle mieux indiquée pour ces situations que pour des travaux routiniers ? », me demande -t’elle.

AFEST

La formation en situation de travail adresse des compétences

« La pertinence (de l’AFEST) a (..) à voir avec le fait que ce soient bien des compétences qui soient visées. C’est-à-dire une capacité à agir en situation, à s’adapter à cet environnement, mais aussi le cas échéant à modifier cet environnement » indique le rapport du CNEFOP (p 259).

Finalement, si l’apprentissage vise juste à reproduire une séquence de gestes simples, il faut privilégier l’approche behavioriste. L’entraînement sera fait plus efficacement en dehors du travail. Alors, il s’agira de reproduire une séquence de gestes professionnels appris.

Or, l’essence de l’AFEST n’est pas de faire de la situation de travail une séquence d’application de gestes professionnels appris par ailleurs. C’est de faire des situations, dans leur variété et leur plus ou moins grande prévisibilité, une ressource pour apprendre.


A lire >>> AFEST – Faire le diagnostic d’opportunité


Apprendre en situation de travail

Apprendre en situation de travail se situe dans une interaction entre le « vouloir » / « savoir » agir de l’apprenant et le « pouvoir » agir qu’il a sur la situation.

Dans un rapport publié par Entreprise§Personnel, Pascale Fotius et Sophie Pages soulignaient l’importance du contexte dans les apprentissages en situation de travail. S’appuyant sur les travaux de Stephen Billet (The practices of learning through occupations, 2010), elles montraient en quoi un contexte sur lequel l’individu peut agir donne « un accès potentiel à l’engagement ». L’apprentissage en situation de travail résulte d’une interaction entre l’apprenant et la situation. La situation lui fournit différentes possibilités d’interprétation, de réaction, parmi lesquelles il va devoir faire des choix. La formation en situation de travail, au-delà de son intérêt « pédagogique », amène un questionnement sur l’organisation du travail elle-même.

« L’AFEST est plus pertinente là où il y a du « JE » et du « JEU » » indique le rapport du CNEFOP. Autrement dit, là où une marge d’appréciation est laissée à l’individu pour sélectionner les paramètres de la situation qu’il va prendre en compte, et pour choisir la meilleure réponse. C’est pourquoi la majeure partie des situations traitées par l’expérimentation impliquent une interaction. En effet, l’interaction peut être avec un :

  • client (vendeuse en jardinerie),
  • patient (intervenants à domicile),
  • animal (soigneur de zoo, auxiliaire vétérinaire),
  • ou d’autres corps de métier …

A lire >>> 10 questions sur l’AFEST


Le rôle clé des séquences réflexives

Les séquences réflexives distinguent l’AFEST de l’apprentissage informel. De plus, elles lui donnent son efficacité.

Dans un billet à suivre, je reviendrai sur le contenu de ses séquences et le questionnement qui leur est propre. Ce qui fait écho à la question de la lectrice, c’est que les séquences réflexives vont permettre à l’apprenant de :

  • « refaire le film » des paramètres de la situation de travail vécue,
  • questionner les choix qu’il a fait,
  • envisager d’autres stratégies pour les situations à venir.

Autant de questions qui ne se posent pas s’il s’agit juste de savoir si une séquence prescrite de gestes professionnels a bien été respectée : ceci relève de l’évaluation, qui est d’un autre ordre. La séquence réflexive traite des marges d’ajustement de la personne au travail vis-à-vis de la norme, en vue d’une meilleure performance, qualité, sécurité…

Par ailleurs, dans son passionnant Référentiel prospectif des compétences « Management et Gestion des Affaires », le collectif AUNEGe-FNEGE montre que la macro-compétence « Appliquer/ Respecter » est profondément amenée à évoluer. Il y a des compétences qui sont en augmentation dans le travail de demain :

  • « être présent à la situation »,
  • « entreprendre »,
  • « développer un sentiment d’assurance en ses propres ressources », « garder en tête l’objectif ou le sens de l’action »,
  • « oser élargir sa zone de confort »,
  • « confronter son point de vue »,
  • « apprendre»,
  • « décoder les aspects positifs et négatifs d’une situation »,
  • « s’ouvrir au monde »,
  • « prendre du recul et développer une capacité d’analyse en situation »

Dans ce sens, l’AFEST est bien une solution à privilégier pour s’y préparer.

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