Social learning : les moyens à associer à une communauté apprenante ?

Par le 17 septembre 2019

Nous indiquions dans notre précédent billet que l’apprentissage dans une communauté apprenante s’effectue dans la durée grâce à des temps synchrones et asynchrones. Ils permettent que les échanges informels et formels façonnant l’apprentissage social (« chacun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble » – Euripide, dramaturge) se réalisent.

Ceci implique une dynamique systémique qui se nourrit de facilitations pour dialoguer, pour co-créer, accéder à des livrables communs et se retrouver n’importe où et à n’importe quel moment. C’est ce que nous allons détailler ci-dessous.

communauté apprenante

Des temps et des lieux de dialogues dans une communauté apprenante

L’échange entre les membres d’une communauté apprenante est finalement le premier « livrable » d’une communauté. En effet, c’est en discutant, expliquant, observant, échangeant des points de vue que chaque membre peut formaliser ses savoirs. Il peut également observer des pratiques, les « analyser », les enrichir ou non, apprendre et les utiliser dans son contexte.

Pour que ceci puisse s’entretenir dans la durée et nourrir la vie de la communauté, il est alors utile d’apporter des ressources à ce type d’apprentissage telles que :

  • Des événements synchrones et formels ainsi que des rituels. Les objectifs sont pluriels :
    • se retrouver sur des thèmes d’intérêts en lien avec la mission de la communauté
    • se voir physiquement,
    • contribuer et prendre la parole,
    • effectuer des potentielles co-productions. 

Ces événements viendront rythmer la vie de la communauté, alimenter des communications en découlant, témoigner que la communauté apprenante est fédérée et que les membres « font l’effort » de participer et d’en bénéficier. Ainsi témoigner d’une activité apprenante.

  • Des lieux appropriés à ce type d’événements : tiers lieux, espaces de co-working, espaces spécifiques au sein des organisations des membres…La disposition des salles par un aménagement adapté (en cercle, mobilier mobile, réseau wifi assuré, originalité du lieu) permettra aux membres de la communauté de se sentir « bien » dans le lieu pour dialoguer.
  • Un groupe constitué sur un réseau social favorable pour des échanges asynchrones sur des sujets d’intérêts communs ou spécifiques aux membres de la communauté d’apprenant.
  • Des possibilités de rejoindre des forums, des tchats, des wikis..

Des techniques d’animation pédagogiques propices.

Lors des temps formels, les événements en synchrone de la communauté apprenante, une dynamique d’intelligence collective repose sur des techniques d’animations pédagogiques telles que :

  • La technique de co-développement. Elle permet d’amener le groupe à produire des contenus sur des problématiques des membres. Le groupe décidera des problématique majeure à travailler en collectif, permettra à son porteur de la reformuler (temps « manchette ») pour la faire comprendre et s’embarquera dans la recherche de solutions à apporter lors du temps « consultation ». Cette méthode permet au porteur de la problématique de prendre des chemins différents pour « résoudre son problème » et au collectif d’asseoir ses convictions, benchmarker ses pratiques, s’approprier des solutions nouvelles.
  • La technique des World café inventée en 1995 par David Isaacs et Juanita Brown. Elle consiste à reproduire des conversations pour débattre d’un sujet comme dans un café et avec des ateliers tournants autour d’une personne centrale. C’est très adapté pour des séquences de brainstorming et pour exposer des convictions. La personne centrale opérera ensuite une restitution de son « café ».
  • La technique du Jigsaw. Elle est plus adaptée pour des débats sur plusieurs sujets à préciser au départ. Au cours du premier temps, 3 groupes homogènes sont constitués. Dans chaque sous-groupe sur une question dédiée au sous-groupe, les pairs donnent leur point de vue et co produisent un contenu en discutant que chaque acteur s’approprie. Ensuite, lors du second temps, 3 nouveaux sous-groupes sont constitués avec un membre de chaque sous-groupe précédent. Ces 3 nouveaux sous-groupes échangent à nouveau sur une nouvelle question adaptée au contexte et semblable pour chaque groupe. Chaque membre rapporte dans ce deuxième sous-groupe les contenus retenus dans le premier temps en sous-groupe. Ainsi, il y a un enrichissement mutuel qui augmente le degré de réflexions et connaissances de chacun.e. Une conclusion finale en grand groupe fera aboutir la fin de l’exercice collectif.

Des livrables communs

La communauté apprenante maintiendra son activité en cherchant à utiliser et produire des livrables communs.
Le Learning Community Manager entrera dans une dynamique de chef de projet pour faire aboutir ceci et le médiatiser ensuite :

  • Des livrables récurrents : compte rendus, médias, quiz, invitations, newsletters…
  • Des livrables spécifiques : livres blancs, articles de blogs, news et média spécifiques…

Il convient que ceci intègre scrupuleusement ce qui s’énonce dans les échanges pour que chaque membre se retrouve dans l’objet livré.

La vie d’une communauté apprenante est ainsi une dynamique vivante qu’il convient d’alimenter par de nouvelles idées de façon récurrente.

Pour approfondir vos connaissances sur l'animation d'une communauté apprenante, je vous propose la formation Cegos Animer une communauté d'apprentissage et tutorer à distance

/5 - Voir tous les avis

Autre dossier sur le même thème

Laisser un commentaire

Avatar

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Avatar

Delatre Il y a 2 jours

essayez seulement…formation en ligne http://bit.ly/ComplementDeSalaire

Répondre
Avatar

Balasse Il y a 2 mois

@Mathilde . A l’origine Acts of meaning – Harvard 1990 Jérome Brunner, traduit en 2015 « Car la culture donne forme à l’esprit ». Ouvrage dans lequel il prends ses distances avec ce que devient selon lui la psychologie cognitive dont il est l’un des pionniers. Il y développe l’idée de psychologie culturelle, psychologie populaire … L’esprit est un reflet de la culture et de l’histoire tout autant que la biologie. La culture façonne nos désirs et « donne forme à l’esprit ». Peu compatible avec les rapprochements cerveau-machine des neurosciences.

Répondre
    Mathilde Bourdat

    Mathilde Bourdat Il y a 2 mois

    @Balasse Une façon d’aider la sociologie à prendre sa revanche …

Avatar

Fabienne Bouchut Il y a 2 mois

Equation associée 1+1= 3 puissance infinie ?

Répondre
Avatar

Frédéric Balasse Il y a 2 mois

@Mathilde je reconnais. Mais Euripide non plus !

Répondre
    Mathilde Bourdat

    Mathilde Bourdat Il y a 2 mois

    @Frédéric Peux tu m’indiquer la source de ton commentaire sur Euripide. Je voudrais le lire.

Avatar

Frédéric Balasse Il y a 2 mois

Ahhh voilà une formation que je dois absolument faire. Merci de ce partage. J’ajouterais Jérome Brunner « Car la culture donne forme à l’esprit » mais Euripide me va bien !!!

Répondre
    Mathilde Bourdat

    Mathilde Bourdat Il y a 2 mois

    @Frédéric Balasse Jérome Brunner, pas facile à lire dans le texte 🙂 !

Abonnez-vous au blog

Afin de vous abonner et pour des raisons de sécurité, votre navigateur doit accepter les cookies et le JavaScript.