Social learning : intérêts et clés de succès des communautés apprenantes

Par le 18 juin 2019

Le social learning est un apprentissage qui s’effectue grâce aux autres. En effet, l’interaction et l’observation entre des personnes regroupées dans un espace partagé qui peut être en ligne (classe virtuelle, forum, réseau social, webinar…) stimule l’apprentissage. Ces personnes souhaitent sur un intérêt commun apprendre ensemble. Des communautés peuvent aussi exister pour d’autres intentions que celles d’apprendre ensemble (exemple : réseau d’alumni, club voué à une cause…).

social learning

Le social learning : quels intérêts pour un apprenant ?

Le terme « apprentissage social » existait bien avant la révolution numérique actuelle. Au début des années 2010, le web 2.0 a permis l’émergence des réseaux sociaux qui ont facilités et enrichis les interactions entre des personnes engagées dans une communauté.

De tout temps, c’est au contact d’autres personnes que l’homme a pu apprendre. Il n’aurait ainsi pu apprendre à parler s’il n’avait pas écouté des sons qu’il aurait souhaité ensuite reproduire lui-même. Au XIXème siècle, des premiers psychologues ont posé le terme « d’apprentissage social ». Au début du XXème siècle, les théories socio constructivistes défendues par Piaget mettent en avant que l’on apprend en « construisant et organisant ses connaissances en coopération avec les autres ». Apprendre, c’est échanger en permettant d’augmenter ses connaissances grâce à celles de son interlocuteur. C’est aussi les confronter pour les remettre en cause. Enfin, c’est expliquer, et c’est en expliquant qu’on réussit à ancrer durablement un savoir sur lequel on a fait l’effort de progresser.

Albert Bandura a apporté des théories structurantes sur l’apprentissage social dans son concept d’apprentissage « vicariant » : c’est en repérant ce qui a de la valeur à mes yeux après observation que je peux être ainsi incité à le répliquer et y apporter ma propre valeur. Pour cela, il est la clé dans un apprentissage en communauté que les personnes impliquées soient attentives, motivées à participer et à apprendre des autres et qu’elles soient prêtes à reproduire pour mémoriser le comportement observé.

L’étude menée dans les années 90 définissant le concept « 70/20/10 » a ainsi mis en valeur que 20% de nos apprentissages sont « informels ». Autrement dit, ils sont réalisés dans des discussions entre les membres d’une communauté (c’est en écoutant des conseils que j’ai pu apprendre enfant à faire du vélo). 

Dans une communauté apprenante, les interactions entre les membres vont ainsi générer un savoir augmenté par rapport à celui apporté initialement pour chaque membre et laisser un contenu attaché à la vie de cette communauté.

Quels principes respecter pour son fonctionnement ?

Nous listerons ces conditions pour favoriser le social learning au sein d’une communauté apprenante :

  • Un intérêt commun : un terrain de jeu commun peut se concrétiser en une ambition commune. Exemple : innover sur un marché de demain,
  • Des valeurs : la confiance, la bienveillance, l’ouverture, la transparence, la capacité à donner et recevoir…,
  • Un principe de liberté : je participe si j’ai envie et je peux quitter librement la communauté,
  • Je m’engage à collaborer d’une façon ou d’une autre et à tenir mes promesses si je les exprime,
  • La présence d’un responsable de la communauté qui contribuera à l’animer dans la durée,
  • Un « système » pour faciliter la vie de la communauté : un espace partagé de communication, un réseau social en ligne pour dialoguer, une documentation standardisée, un titre et un logo porteur du nom de la communauté, une tonalité de conversation…

Si vous êtes intéressé.e par le social learning et que vous voulez en faire votre métier, découvrez nos formations. Vous serez au cœur de l’apprentissage.



Comment créer une dynamique collective ?

Le rôle du responsable de la communauté (learning community manager) est clé pour entretenir dans la durée son activation, la stimuler, voire la réguler.

Il/elle sera à l’aise avec les outils de communications modernes et veillera à la collaboration des membres. Il/elle aura idéalement un profil empathique. De plus, les savoirs émis dans cette communauté seront livrés et transmis grâce au learning community manager. Il/elle apportera également des idées neuves pour motiver les acteurs dans la durée.

La première étape est de trouver des membres pionniers qui adhérent à un intérêt commun. Avec eux, il/elle pourra réaliser un premier kick off pour favoriser inclusion et démarrage. Il/elle veillera ensuite à les responsabiliser pour qu’ils/elles cooptent d’autres membres. Une de ses missions sera de stimuler les interactions entre les membres par des publications, des occasions de se rencontrer, des verbalisations, des échanges de pratiques, etc. Par la suite, il/elle cherchera à faire rentrer aussi des nouveaux membres pour prolonger la durée de la communauté. Il/elle construira le « système » décrit plus haut pour que la communauté se retrouve sur des fondations. Il/elle célébrera les actions de la communauté et de ses membres en les partageant au sein de celle-ci.

Les membres contribueront à l’existence de cette communauté en participant, favorisant, communiquant et respectant les valeurs.

Le responsable de la communauté comme les membres ne devront pas perdre de vue que l’apprentissage dépend de chacun.e et qu’il s’effectue sur la durée en synchrone comme en asychrone grâce à des moyens mis en œuvre que nous expliquerons dans un prochain billet.

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Franckwood Il y a 1 mois

Post très intéressant et en prise avec les sujets du moment ou comment l’utilisation des outils média (yc les réseaux sociaux) peuvent être au service du développement des communautés apprenantes ou encore dit autrement, les réseaux sociaux peuvent être aussi au service de causes plus nobles.
Par ailleurs, la lecture du post me donne à penser que nous ne faisons que reproduire des schémas mis en évidence par l’éthologie. En effet, dans notre statut de grand primates humains ayant développés des technologies, nous mettons en œuvre des habiletés acquises depuis plusieurs générations au travers de tous ces nouveaux outils.
Du feu de camp autour duquel le conseil des anciens se tenait, aux communautés plus ou moins virtuelles pour co construire et partager, il existe des équivalences ataviques.

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Xavier Rodriguez Il y a 1 mois

Très bon post, sans valeurs il n’y a pas de communauté d’apprentissage qui fonctionne bien.

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