Formation blended (mixte) : chacun cherche son mix

Par le 9 juillet 2012

Tout le monde est d’accord : l’unité temps-action- lieu est finie, place aux dispositifs de formations mixant plusieurs modalités, en différents temps, sur différents lieux. Mais comment décider du meilleur « mix » ? Les réalisations des lauréats des récents E-Learning Excellence Awards  nous donnent des pistes pour répondre.

Ainsi que l’affirme Magali ARTECHE, chef de projet des E-Learning Excellence Awards, les dossiers déposés cette année par les candidats reflètent une grande maturité. Le cadrage du projet, le recentrage sur l’efficacité pédagogique, priment sur la recherche de l’effet de surprise. Des solutions moins coûteuses de développement sont privilégiées, et les chefs de projet ont une double préoccupation :

  • Les « parties »: utiliser au mieux chaque modalité pour répondre aux objectifs visés,
  • Le « tout »: veiller à la cohérence du dispositif, de l’amont à l’aval.

Premier enseignement, à la lecture des projets : il n’y a pas un , mais plusieurs mix.

Un mix ? Non, des mix !

Il y a le mix modalités, bien sûr, pour lequel il me semble que les choix peuvent être répartis ainsi :

Formation blended (mixte) : chacun cherche son mix

Le présentiel ne se limite pas au stage, il peut intégrer des conférences, par exemple.

Dans les « usages collaboratifs et sociaux du web », on peut trouver des modalités synchrones (webconférences ou « visioformations » par exemple) et asynchrones (blog, wiki, forum…).

Les supports d’auto-formation peuvent être de différentes natures : documents, présentation améliorée en mode « rich media », vidéos, serious game… Ils sont « auto porteurs », mais on les voit de plus en plus utilisés en mode synchrone, dans la salle de formation ou comme supports à un accompagnement individuel.

Les systèmes de support de performance électroniques (Electronic performance support systems, EPSS) ont pour caractéristiques d’être disponibles en situation de travail, et appelés par le salarié en fonction de ses besoins. Ce peuvent être des documents disponibles sur l’intranet, des rubriques d’aide intégrées à un système d’information…

Le mix accompagnement

L’accompagnement est en soi une modalité. Mais à son tour, il recèle plusieurs possibilités :  il peut mobiliser un tuteur, un manager, un pair, un expert… qui eux mêmes pourront éventuellement s’appuyer sur des ressources précédemment évoquées.

Le mix communication

Le projet du lauréat des E-learning Excellence Awards, Natixis, met en avant l’importance de la communication pour le succès de l’opération. C’est un vrai « mix communication » qui est pensé en amont et soigneusement mis en oeuvre. Ainsi, Pascal Aubert, Responsable de programme e-learning de Natixis et chef du projet lauréat, « Comportements sous stress », a accordé une grande importance :

  • Au partage de la vision de projet avant la mise en place du dispositif avec les partenaires sociaux,
  • A la campagne de communication : vidéo sur la page d’accueil intranet comprenant des extraits du module e-learning, news sur les écrans de TV de l’entreprise, news sur les média internes…
  • A… l’effet démultiplicateur du bouche à oreille, qui résulte d’une mise en oeuvre rapide de l’ensemble des modalités pédagogiques mais aussi de la qualité des prestations.

Le mix financement

Enfin, et ce n’est pas la première fois dans ce prix, le « Dispositif de formation à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme » du CFPB montre l’intérêt de penser mutualisation des ressources. Ici, le financement est assuré par souscription entre six groupes bancaires, proportionnellement aux effectifs potentiellement concernés.

De même, le projet Natixis est co-financé par l’entreprise et par l’auteur du livre qui contient le modèle d’inventaire des personnalités proposé aux apprenants. Le module e-learning qui constitue l’une des modalités du dispositif existe donc sous deux labels, l’un pour l’entreprise, l’autre pour les clients directs de l’auteur.

Mais… comment agencer le mix modalités ?

Quatre catégories d’éléments à prendre en compte :

  • Le projet
  • Les contraintes
  • Les ressources
  • Les participants

Selon les projets, certains éléments sont priorisés, par la force des choses et/ ou par choix délibéré.

Formation blended (mixte) : chacun cherche son mix

Quelques illustrations :

Le projet du CFPB donne priorité à l’entrée par les ressources. Il s’agit en effet de « réaliser des séquences et des cas pratiques aboutissant à un dispositif adaptable à l’ensemble de la profession bancaire ». Les ressources, d’un niveau fin de granularisation, peuvent ainsi alimenter des séquences d’apprentissage en présentiel comme en e-learning. Ce sont les chefs de projet de chaque banque qui décideront au final du mix modalités des parcours, à partir de cette ressource.

A noter, toujours dans ce projet, la prise en compte possible d’une entrée par les participants. En effet, la plate-forme AGAM (voire ici diapositives 32 et suivantes sur un slideshare publié par le FFOD) permet de choisir de réaliser les cas pratiques sous trois modalités pédagogiques: « guidé », « accompagné », « libre ».

Le projet Natixis donne une place très intéressante à l’entrée par les participants. Ouvert à tous, le dispositif débute par un module e-learning, et peut être prolongé, sur inscription libre des participants, par une conférence de deux heures, puis par des modules présentiels de un jour ou deux jours. Le mix modalités intègre également la remise d’un livre, pendant la formation présentielle : une grande place est faite ici à l’auto-détermination de l’apprenant.

De son côté, le projet « Freedom to learn » de Pfizer santé animale devait prendre en compte des contraintes fortes : atomisation géographique et diversité des statuts des participants, vétérinaires ou salariés de cabinets vétérinaires. Et la modalité « forum », pour des groupes d’une taille idéale de 50 personnes, a permis de créer de véritables communautés virtuelles encadrées par un double tutorat, pédagogique (s’assurer que chaque participant avance à peu près au même rythme dans le parcours de formation) et expert (animer le forum).

Pour chaque projet, il s’agit donc de faire le lien entre les paramètres projet/ contraintes/ ressources/ participants et les modalités. Et je note la montée en puissance de la prise en compte des participants. Ainsi, l’une des sociétés candidates a enquêté sur les préférences d’apprentissage de ses salariés avant de décider du mix modalités.

On trouvera un autre exemple de l’importance donnée aux stratégies d’apprentissage des participants avec le programme Form@tion et la plate-forme Personn@lisa.

A noter cependant une relative constante dans les dispositifs présentés : il se  fondent largement sur un schéma déductif, de l’ordre du « Comprendre => Réussir », « Théorie => Pratique ». Ceci serait-il donc une fatalité, liée au raccourcissement des phases « d’entrainement » sur lesquels se concentrent les présentiels ? Ou simplement à la répétition de vieux schémas ? A suivre…

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sonia 1967 Il y a 8 années

Bonjour

Il existe tellement de solutions aujourd’hui, qu’il serait bien dommage de s’en priver
je vous invite à visiter le site http://www.forma-search.com/ sa vocation est de trouver la formation qui vous convient le mieux ou il développera une formation spécifique qui répondra précisément à vos besoins

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 8 années

@David. Oui, il me semble que la prise en compte du participant -ses manières d’apprendre, ses contraintes, ce qui fait sens pour lui – prend de l’ampleur. Tant mieux!

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David Vellut Il y a 8 années

Bonjour Mathilde, et merci pour votre article. J’aime beaucoup l’antépénultième paragraphe. Ca me rassure quelque part de constater qu’au moins une des entreprises s’est préoccupée des styles préférentiels d’apprentissage de ses participants en formation 😉

Un aspect malheureusement trop souvent négligé… certaines entreprises se retrouvant parfois avec des formations qui ne fonctionnent pas et qui se demandent alors pourquoi les apprenants n’adhèrent pas au dispositif.

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 8 années

@ JMarcFJ. Oui, les dispositifs de formation prévoient maintenant des apprentissages en différents lieux, différents temps, et même éventuellement sur des objectifs diffférents selon les apprenants. Cela n’exclut pas le présentiel, qui reste une modalité importante, mais qui n’est « qu’un temps » d’un dispositif plus vaste. Aucune contradiction donc, de mon point de vue.

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JmarcFJ Il y a 8 années

Dans votre billet vous écrivez : « tout le monde est d’accord : l’unité temps, action, lieu est finie » et dans votre commentaire : « personne ne dit que le présentiel est fini ». Je ne comprends pas vos liens logiques.
Le mix learning permet simplement de décomposer l’acte d’apprendre tout en respectant pour chaque segment une contigüité spatiale et temporelle.
Des étapes du transfert de connaissances aux étapes de construction individuelle de compétences et à leurs reconnaissances, chaque entreprise en fonction de ses croyances, rites et pratiques adoptera une solution cohérente avec ses modes de management mais pas forcément la plus performante.
Après que la pédagogie soit magistrale, active, inversée, etc.. est, me semble t il, un débat de pédagogues trop d’avant garde pour les entreprises en mode « command and control » qui sont majoritaires…

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Mathilde Bourdat

Mathilde Bourdat Il y a 8 années

@JmarcFJ
Entendons nous bien: personne ne dit que « le présentiel est fini ». La relation, l’apport indispensable du groupe, restent de puissants facteurs d’apprentissage. Ceci est reconnu à la fois par les participants et par les entreprises, comme en témoigne la permanence de la prépondérance du présentiel. Et c’est là que la formation « mixte » trouve sa place: non pas pour évacuer le présentiel, mais pour l’articuler avec d’autres temps et d’autres lieux d’apprentissage. La progression des dispositifs mixtes est un fait, aussi bien à l’université que dans l’entreprise.
Bien amicalement
Mathilde Bourdat

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JmarcFJ Il y a 8 années

Votre argumentation reposant sur une affirmation initiale : « Tout le monde est d’accord: l’unité temps-action- lieu est finie », avec laquelle je ne suis pas d’accord et qui n’est aucunement démontrée, votre billet ne présente que peu d’intérêt si ce n’est la présentation commerciale de différents expérimentation de dispositifs de formation.

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