Qui est le maitre à bord d’un stage : powerpoint ou le formateur ?

Par le 31 janvier 2011

L’outil PowerPoint semble indispensable pour réussir une présentation, Microsoft investit pour améliorer sans cesse son logiciel et communique dans ses publicités en visant les étudiants avec un message simple « Créer des présentations exceptionnelles »… Un chiffre donne le tournis : 30 millions de PowerPoint serait créés par jour. Le journaliste Franck Frommer a écrit un livre intitulé « La pensée PowerPoint : enquête sur ce logiciel qui rend stupide ». Mais est-il possible de faire sans cet outil ?

Mon fils de 12 ans prépare ses exposés avec PowerPoint, dois-je lui en interdire l’utilisation ou comment faire pour l’aider à réfléchir comment rester maître à bord de sa présentation ?

Qui est le maitre à bord d'un stage : powerpoint ou le formateur ?

D’après Franck Frommer « C’est avec un exposé PowerPoint que l’ex secrétaire d’état américain à la défense Colin Powell avait tenté de démontrer, aux Nations Unies, l’existence d’armes de destructions massives en Irak, en s’appuyant sur tous les artifices offerts par le logiciel ». Cela semble une conclusion rapide de transformer l’outil en bouc-émissaire et de nier certainement le talent de l’orateur.

Car lorsqu’il s’agit de Steve Jobs et de ses désormais mythiques présentations, tous cherchent à analyser les astuces pour communiquer aussi bien que le patron d’Apple et réussir des keynotes (qui est l’appellation dans le monde à la pomme du logiciel de présentation miroir de PowerPoint).

Ces deux exemples volontairement éloignés font ressortir un point essentiel pour réussir une intervention c’est l’histoire que l’on veut raconter. Retrouvez vos bases comme lorsque vous prépariez un exposé à l’école !

Conseil n°1 :  l’objectif, le plan et la conclusion sont les premiers éléments à « jeter » sur un papier.

Les adeptes du mind-mapping trouveront dans cette technique un support pour réfléchir aux thèmes à aborder, à leur ordonnancement, au niveau de profondeur des points à développer…

Le formateur doit se questionner sur le chemin pédagogique qu’il doit suivre pour amener son auditoire à progresser et atteindre les nouvelles compétences/connaissances visées.

Conseil n°2 : s’interroger sur ses stagiaires et leur façon d’apprendre

De nombreux sites web ou livres donnent des conseils pour réussir un PowerPoint : exemple un slide toutes les 3 minutes, pas d’abus de couleurs, utiliser des photos…(exemple : www.thinkoutsidetheslide.com ce site vous propose un test pour mesurer l’efficacité de votre présentation PowerPoint). Une vidéo très humoristique de Don McMillan décrit ce qu’il ne faut pas faire « Life after Death by Powerpoint ».

Le formateur doit dans un premier temps travailler sa capacité à réaliser des visuels percutants pour aider l’apprentissage : des graphiques montrent des progressions, certains schémas traduisent des organisations complexes, des illustrations appuient l’exemple, des process gagnent en clarté une fois dessinés… Comme nous n’avons pas tous des talents de dessinateurs, PowerPoint peut aider à transformer notre pensée en un visuel.

Conseil n°3 : imaginer ses visuels avant de les transformer en slide PowerPoint

Lorsque l’on interroge des stagiaires sur ce qui est le plus important pour eux dans une formation c’est l’expertise du formateur. Sa capacité à utiliser des termes précis, des mots riches, des phrases ayant de la profondeur donne la valeur d’un stage et permet à l’auditoire de progresser.

PowerPoint ne peut être accusé d’inciter un speaker à présenter son sujet avec systématiquement 3 points clés ou inversement en inscrivant tout à l’écran par peur d’oublier l’essentiel. C’est sur ce point que Steve Jobs est impressionnant, ses slides ne contiennent parfois qu’une image ou un mot clé et son public ne perd pas une de ses paroles.

Conseil n°4 : utiliser les slides comme support et ne pas appauvrir ce que vous voulez dire

Franck Frommer s’intéresse au pouvoir hypnotique de PowerPoint, il est vrai qu’un enchaînement de slides dans une salle en général avec une lumière tamisée pour mieux lire l’écran ne facilite pas l’apprentissage. Mais c’est surtout le manque d’activité qui assoupit l’auditoire et le manque de variété qui lasse le public. D’où mon dernier conseil…

Conseil n°5 : varier les techniques au fil d’une formation (écran, jeu, paper-board, mise en situation…).

En conclusion, il est faux de dire que « PowerPoint rend stupide » et que « la powerpointisation du monde » est un danger réel. C’est un outil qui peut vraiment faciliter l’apprentissage s’il est utilisé pour soutenir une expertise. Si un formateur peu compétent se cache derrière l’outil les stagiaires le détectent très vite… par contre si vous choisissez de faire des présentations PowerPoint elles doivent être travaillées car une mauvaise maîtrise des fonctionnalités de l’outil  est contre-performant.

Pour le plaisir, voici les secrets des présentations de Steve Jobs mais n’oubliez pas que la clé c’est la préparation.

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RT Il y a 9 années

Des conseils intéressants pour mes futurs présentations, qu’elles soient scolaires ou non.

Ici à Amsterdam certains de nos professeurs utilisent une nouvelle technologie intégrée à PowerPoint pour rajouter de l’interactivité lors des présentations.
Il s’agit du système « Shakespeak » qui permet a l’orateur de poser des questions à choix multiples et ouvertes, auxquels l’on répond par SMS, internet (et il me semble aussi par twitter).

Grâce à ça on pose beaucoup plus facilement des questions vu qu’on a plus à prendre la parole devant tout l’amphithéâtre! Couplé à ces 5 conseils, c’est un bon moyen pour augmenter l’interactivité comme l’a dit Tannguy.

Vous pouvez trouver une petite vidéo réalisée par l’entreprise qui fournit ce service, elle est courte et assez bien faite (https://shakespeak.com/en/home)

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Tannguy Il y a 10 années

Bonjour,

Power point est un outil comme un autre et doit être utilisé comme tel. L’ère des présentations « Festivals » avec grand renfort d’effets me semble dépassée et j’en vois de moins en moins. On disait à une époque que le consultant devait d’abord savoir maîtriser Power point avant de connaître son métier…ce n’est plus le cas
Pour la formation, quand il s’agit d’un ‘show’, il est bien plus facile, agréable et impactant de faire sans power point.
Par contre, faire une formation longue de plusieurs jours sans support projeté est compliqué et dépend fortement du contenu (Plutôt management ou technique etc…). Par contre, plus les slides sont légéres, meilleure sera l’interaction avec les stagaires

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Tri Huê Il y a 10 années

Je suis tout à fait d’accord avec votre conseil n°5.
Mais en ce qui me concerne, créer un PowerPoint efficace prend beaucoup de temps 🙁
J’essaie d’appliquer les conseils donnés dans le livre de Garr Reynolds « Présentation Zen » (Ed. Pearson) qui est très bien fait.
Un autre livre m’est recommandé par plusieurs collègues : Nancy Duarte « Slide:ologie ».

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Véronique S Il y a 10 années

Les salariés d’Apple suivent-ils la même démarche que leur boss ? A écouter Pascal Cagni (Vice Président Apple EMEIA) lors des 10èmes Journées Nationales du Marketing, il faut croire que oui. A la manière de Steeve Jobs, quelques mots ou images par slides et le tour est joué ; résultat un auditoire très à l’écoute et conquis. L’avantage pour le speaker, c’est que les données ne sont pas réutilisables car seul le discours compte. Modèle à suivre ?…

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Maud Il y a 10 années

IL y a quelques années, j’ai participé à un stage de recherche d’emploi de Daniel Porot pendant 2 jours : il n’a utilisé aucun slide. Uniquement un écran d’ordinateur retourné sur lequel il dessinait des schémas. Comme il nous avait prévenu au départ, il n’a aucun talent de dessinateur. Mais il a appris quelques représentations clés et il a appris à représenter visuellement ce qu’il voulait dire : c’était passionnant!

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