Bonnes résolutions pédagogiques

Par le 13 septembre 2010

La rentrée est souvent l’occasion de décider de faire du sport, de démarrer la passion toujours contrariée, de jouer d’un instrument, de trouver plus de temps pour soi, ses proches et sa famille. Ce sont de sages résolutions et j’aimerai en ajouter d’autres dans ce monde de la pédagogie qui nous passionne.

Pour cela, je vous propose de prolonger l’article de Mathilde qui vous proposait d’apprendre pendant les vacances. C’est certainement ce que vous avait fait, moi j’ai découvert le kite surf et la pédagogie utilisée était brillante. Retour sur les fondamentaux de la pédagogie…

(c) Laurent Reich

Clarifier les attentes des stagiaires et donner envie

Avant l’inscription au stage, le moniteur propose de visionner une vidéo de 10 mns qui fait voir le site de l’école en présentant les avantages pédagogiques : vent régulier, pas de baigneurs, un moniteur pour 3, des vraies séances longues permettant la progression.
Le film ne met pas en scène des stars du kite mais donne le sentiment aux débutants qu’ils vont y arriver, certes avec beaucoup d’efforts, mais que l’échec est « presque » impossible. Les moniteurs donnent ainsi envie et valident la motivation des stagiaires.

Expliquer la progression et valider les étapes

Le moniteur démarre chaque séance en expliquant ce que nous allons faire et surtout le but de chaque exercice. Ce qui est très appréciable c’est cette maîtrise parfaite de l’escalier pédagogique qui sert de colonne vertébrale à une formation. Chaque étape (le montage de la voile, les débuts de pilotage, les premiers runs tractés… jusqu’à la maîtrise de la planche) est travailler sans stress et le moniteur dit clairement qu’elle est validée ou non. L’envie de réussir se révèle un moteur important de l’apprentissage.

Suivre chaque stagiaire et le groupe en même temps

Un moniteur pour 3 élèves avec une liaison radio dans le casque permet des conseils extrêmement personnalisés qui accélèrent la progression, néanmoins le moniteur ne perd jamais son groupe et fait en sorte que tous soit aux rendez-vous des validations. Il mixe intelligemment les exercices très techniques et ceux plus ludiques comme la nage tractée ce qui permet de garder la motivation lors des moments plus décourageants de progression.

Encourager le partage entre stagiaires

Lors d’un cours de 5 heures, il y a toujours des phases de repos ou de trajet… La discussion porte alors sur le kite et devient passionnante d’échanges entre pro et débutant, les premiers sont très protecteurs et les seconds fascinés par ces virtuoses qui réalisaient quelques minutes avant des sauts à plusieurs mètres du sol. Les moniteurs ne sont jamais loin de ces moments, ils vivent pour l’enseignement de ce sport. C’est ainsi qu’ils font progresser ce sport très technique mais prometteur de sensation dès qu’il est maîtrisé.

En conclusion

Je dirai qu’il ne faut rien lâcher de ce qui vous a fait choisir ce monde de la pédagogie. Garder la motivation intacte est indispensable pour être généreux en formation : on dit souvent qu’il faut « aimer ses stagiaires » pour réussir sa formation. Je vous souhaite une très bonne rentrée et n’hésitez pas à commenter cet article avec vos bonnes résolutions pédagogiques…

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Laurent Reich Il y a 10 années

@A. Boufous Merci pour votre commentaire, la question que vous soulignée concerne le sens à son métier. Comme vous un formateur doit parfois prendre en compte des stagiaires qui sont venus en formation imposée par leur direction et ce n’est pas un critère de réussite. Après c’est votre savoir-faire qui permettra de ramener sur le chemin de la motivation et du sens des stagiaires égarés. Il faut du courage et de l’energie, la formation est un métier qui ne peut de faire « à moitié ». Bonne suite, cordialement.

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A . Boufous Il y a 10 années

Joli texte,Vous avez suivi les mêmes étapes que vous décriviez pour nous passionner à la fois à la planche à voile et à la pédagogie .Bravo.
Étant enseignant de FLE au Maroc j’ai eu souvent des états d’âme concernant l’apprentissage de cette langue .Mais cela n’a que peu de choses à voir avec la motivation mais avec des facteurs extra-pédagogiques ,tels que la tendance à imposer en programme des œuvres compliquées comme » le rouge et le noir  » de Stendhal ou encore « Candide » de Voltaire au niveau bac,pour des élèves dont c’est souvent la première ,quand ce n’est pas la deuxième langue étrangère(pour les amazighophones).On craint que l’essentiel ne soit uniquement la présentation d’une façade convenable et de haut niveau ,avec gonflage des notes,à seule fin d’obtenir des subventions internationales pour bonne conduite.

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