Des musiques pour apprendre

Par le 3 juillet 2008

Dans son passionnant ouvrage, « Au bon plaisir d’apprendre » (InterEditions), Bruno Hourst explique de façon à la fois simple et précise l’ensemble des facteurs qui fondent nos capacités d’apprentissage. Je lui emprunte certains apports, relatifs  à l’influence que certaines musiques peuvent avoir en la matière.

Bruno Hourst rappelle que le cerveau travaille sur différentes fréquences, selon les activités : « il y a rapport entre la fréquence prédominante du cerveau à un moment donné, l’état physiologique et le comportement de la personne » à ce même moment.

Les ondes Bêta sont les plus rapides, avec les plus courtes longueurs d’onde.  Elles sont dominantes lorsque nous sommes bien éveillés, lorsque nous résolvons un problème, lorsque nous faisons plusieurs choses à la fois. En ondes Bêta, on est sensible au stress, à l’anxiété, à la peur.

Les ondes alpha sont dominantes lorsque nous sommes calmes et détendus, mais cependant conscients du monde extérieurs. « C’est dans cet état de vigilance détendue que nous sommes le plus réceptifs à l’information, où la mémoire à long terme est la plus accessible ». Le stress disparaît progressivement. « Cet état facilite l’inspiration, l’assimilation rapide des faits et l’amélioration de la mémoire ». On peut l’atteindre par les techniques de respiration ou de relaxation. Les formations en développement personnel font travailler les participants en onde alpha, car c’est lorsqu’elles sont dominantes que l’on peut travailler sur soi, implanter des idées positives, se donner des buts.

Mentionnons aussi les ondes Thêta, de la détente profonde ou du rêve pendant le sommeil, et les ondes Delta, du sommeil profond.

Retenons de ce chapitre que « nous pouvons absorber des informations plus vite et mieux lorsque les ondes Alpha sont prédominantes ». Moralité, pour bien apprendre, rien ne sert de se tendre dans l’effort ! Au contraire, c’est de la détente que viendra la facilité d’apprendre !

Or, continue Bruno Hourst, la musique favorise justement cette détente: elle détend le corps, calme la respiration, nous met dans un état de réception optimale. La musique semble également favoriser la connexion entre les deux hémisphères cérébraux.

Toute la musique ?

Non, il s’agit des musiques à la fois harmonieuses et d’une construction complexe. La personne se met en harmonie avec la musique qu’elle écoute. Favorise les apprentissage une musique qui détend, qui crée un environnement émotionnel positif et chaleureux, qui stimule l’émotion et la réflexion. On évitera donc le heavy metal et le hard rock comme support à l’apprentissage.

L’apprenant ou le formateur désirant utiliser la musique pendant la formation – privilégieront avantageusement Mozart, Bach, Brahms, la musique baroque (Corelli, Albinoni, Vivaldi), Haendel.. brefs, les compositeurs romantiques, classiques, baroques.

Bruno Hourst identifie même des compositeurs adaptés aux facultés que l’on souhaite développer: concentration, créativité, confiance en soi, sortir de l’ennui…

Il n’est pas interdit d’essayer d’autres compositeurs ! Pour ma part, je trouve que Ludovico Einaudi stimule à la fois mon attention et ma créativité !

En formation, on peut utiliser la musique en début de formation et pendant les temps de réflexion personnelle et d’appropriation des participants. On peut également l’utiliser pour soutenir un travail collectif, en adaptant le choix de la musique à l’activité. Le son doit être réglé de manière à être audible sans devenir trop prégnant. La musique ne doit pas être un bruit de fonds continu, mais un soutien utilisé dans des moments bien identifiés.

Lorsque l’on apprend seul, on peut écouter de la musique avant de se mettre au travail, en faisant un exercice de relaxation par exemple, afin de se mettre dans de bonnes conditions. Pour mémoriser, on peut se réciter un contenu sur une mélodie, selon un rythme donné: la mémorisation en sera facilitée.

Pour aller plus loin

La lecture de l’ouvrage de Bruno Hourst est chaudement recommandée! Voir aussi les travaux d’Alfred Tomatis, qui ont démontré l’efficacité de la musique pour remédier à de nombreux troubles, y compris à des échecs scolaires (Les Troubles Scolaires, 1988 Ergo Press. L’oreille et le langage, 1991,Seuil).

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Bruno Hourst Il y a 5 années

Merci beaucoup d’avoir cité mon livre dans votre article – le cas n’est pas si fréquent.
De l’eau a coulé sous les ponts depuis votre article et depuis la première édittion de Au bon plaisir d’apprendre, dont j’ai récemment auto-édité la quatrième édition (après avoir rompu avec Dunod, écoeuré par leurs pratiques).
Si vous voulez en savoir plus sur mes travaux et la petite équipe qui m’accompagne : http://www.mieux-apprendre.com et http://www.thiagi.fr
Bien cordialement
Bruno Hourst

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    Mathilde Bourdat

    Mathilde Bourdat Il y a 5 années

    @Bruno Hourst Merci à vous, c’est avec grand plaisir que je continuerai à suivre vos travaux, et à recommander vos ouvrages que je trouve passionnants !

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mrbark Il y a 12 années

ça m’étonne de voir di peu de commentaires suitee à ton billet ! 🙂

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Van Laethem Nathalie Il y a 12 années

Merci beaucoup pour cet article. Pourquoi cette pratique n’est-elle pas largement diffusée, notamment dans les études primaires et secondaires? Y-a-t-il des freins ou une méconnaissance?

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laurent Il y a 12 années

Le jazz est aussi une musique subtile et chaleureuse, je connais des jeunes qui travaillent en écoutant de la techtonique, question de culture peut être, en tout cas vive la musique !!!

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duluc alain Il y a 12 années

et comment fait-on pour apprendre le développement personnel?
merci Mathilde

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