Learning and education : un defi mondial

    Par le 20 février 2012

    Une vidéo très marquante que nous avions diffusée dans le calendrier de l’avent fin décembre s’intitulait « Always Learning », elle était l’œuvre de l’éditeur scolaire américain Pearson. Elle traite du pouvoir d’apprendre, plaçant l’éducation comme une fenêtre sur le développement, une ouverture sur le monde.

    Depuis 3 ans, un salon international a pour cœur de réflexion ce sujet de l’éducation : il s’agit du WISE (World Innovation Summit for Education) organisé en novembre à Doha (Qatar).

    On voit bien que la problématique de l’apprentissage dans le monde peut être très éloignée de nos préoccupations hexagonales parfois trop centrées catalogue formation, droit de la formation…

    Une discussion récente avec plusieurs directeurs formations de multinationales soulignait bien l’enjeu pour ces entreprises : comment former 10 000 personnes en Afrique du Sud lorsque l’on est un des leaders du bâtiment ? comment former des conseillères clients pour toucher des milliers de nouveaux consommateurs ?

    Learning and education : un defi mondial

    Apprendre c’est remettre en question ce que l’on sait déjà, transformer nos représentations : apprendre c’est déjà désapprendre. Cela prend nécessairement du temps et interroge le modèle pédagogique du stage très (trop) court isolé d’un vrai programme d’accompagnement.

    Nous recherchons à identifier les moments de formation formelle : le stage présentiel, le module e-learning captent notre attention et cachent tous les autres moments où l’on apprend quelque chose. Une discussion autour d’une machine entre un apprenti et son tuteur, la lecture d’un livre-blanc édité par un concurrent sur son domaine d’expertise, le visionnage de la vidéo d’un patron expliquant la stratégie pour les 3 ans à venir sont autant de vrais moments d’apprentissage.

    Un groupe comme Danone communique sur son site corporate autour de son concept « Learning by Danone » qui met en avant de nombreuses initiatives pour progresser.

    La responsabilité de la formation est bien d’offrir des points de contacts entre l’apprenant et le savoir à tout instant « Learning anytime, anywhere, at any level »

    C’est pour cette raison que l’offre formation doit devenir plurielle et que son accès gagnerait à se faire via des outils mixant l’approche de Google (l’offre est présentée en fonction de la pertinence par rapport à votre recherche) et d’Amazon (pour avoir la recommandation des autres stagiaires et l’accès aux stages croisés).

    Youtube est un des sites web les plus visités, le média vidéo est très apprécié par les utilisateurs et les nombreux outils de captations (appareil photo, flip camera, smartphone) démocratisent sa diffusion. Il est alors facile et performant de constituer au sein de l’entreprise un « youtube like » interne reprenant des vidéos des experts maisons expliquant un savoir-faire, une expérience, un point de vue.

    On aime apprendre des autres, en différé via des écrans mais surtout en live. L’ainé (le maître compagnon) est un des éléments clés dans l’écosystème formation d’une entreprise. Pour former ses 10 000 collaborateurs en Afrique du Sud, ce Groupe n’a pas d’autres solutions que de s’appuyer sur des leaders de connaissances/savoir-faire locaux. Son enjeu est de formaliser des outils pour que ces apprentissages informels se fassent suivant quelques règles partagées pour se garantir d’un niveau de résultats. Mais c’est également d’insuffler une dynamique, une reconnaissance sur la « fierté de transmettre ».

    Le Groupe Total mets en place différentes actions « Programmes d’alphabétisation, financement de bourses dans l’enseignement supérieur, soutien ou création de centres de formation, contribution à la consolidation du système éducatif de certains pays… » pour accompagner leur politique de recrutement local qui « se heurte souvent à un niveau de qualification inadéquat ou faible. » Le groupe d’implique « dans l’éducation, la formation et le transfert de compétences. »

    Le tempo formation est en plein changement également lorsque vous cherchez à ouvrir de nouveaux marchés dans des pays comme l’Inde, l’Amérique du sud. Vous avez besoin de former rapidement vos collaborateurs à un nouveau produit, à une machine plus moderne, à un process apportant plus de qualité : ce « time to competencies » sera atteint si la fonction formation est agile et si elle peut construire à partir de briques pédagogiques une nouvelle offre formation rapidement.

    La capitalisation des savoirs sur le net est exponentielle à tel point qu’il est possible de trouver réponse à ses questions en quelques clics et secondes sur google… Légitimement, on peut se poser la question du rôle du formateur demain : restera-t-il un expert du contenu ? ou sa place évoluera-t-elle en créateur de lien entre ces « instants de learning » ? Son rôle sera toujours de motiver l’apprenant, de l’aider à trouver sa voie, de prendre du recul sur ces nouvelles découvertes et de lui faire réaliser ses progrès.

    Le Groupe Nestlé diffuse un rapport très intéressant « People Development Review » sur la place de la formation au niveau mondial. Il est expliqué que que « … jour après jour, nous aidons nos employés à développer leurs capacités individuelles. »

    On s’aperçoit que pour relever ce défi mondial de l’éducation, ce rôle du formateur et de la formation doit s’éloigner de celui d’un simple provider de modules pour occuper le terrain de la création de valeur et du « Always Learning ».